La question de la consommation de produits à base de CBD et de la conduite renferme deux problématiques sous-jacentes.

La première est de savoir si le CBD présente des effets secondaires pouvant être dangereux lors de la circulation sur la route.

La seconde est d’appréhender les contrôles routiers concernant la consommation de stupéfiants éventuels des usagers, qui peuvent être opérés et s’avérer positifs dans le cas du CBD.

La somnolence et le CBD

En France, la somnolence est la première cause de mortalité sur les routes.

L’un des bienfaits – ou des effets secondaires potentiels – du CBD consiste à améliorer la capacité d’endormissement, notamment chez les personnes souffrant d’insomnie. Les risques encourus en termes de somnolence sur la route dépendent du profil du consommateur.

S’agit-il d’un novice, d’un habitué ou d’un individu insomniaque ?

Les insomniaques

Naturellement, si vous consommez du CBD dans le but d’aller vous réfugier dans les bras de Morphée à une heure raisonnable, évitez de conduire…

De plus, si votre produit à base de CBD est vendu comme tel (aidant à l’endormissement), il se pourrait qu’il contienne de la mélatonine ; les effets de somnolence seraient alors volontairement renforcés.

Les consommateurs novices

En 2019, une étude initialement publiée par The Permanente Journal indique qu’une quantité de 160 mg avant d’aller dormir pourrait permettre d’avancer l’heure d’endormissement.

Aussi, et parmi les précautions d’utilisation, on sait que les consommateurs de CBD sont invités à utiliser leurs produits après 17h en raison des effets potentiels de somnolence.

Il est donc recommandé de ne pas prendre le volant dans les heures suivants la prise de CBD, et cela est d’autant plus vrai si vous consommez du cannabidiol pour la première fois.

Les effets ressentis ne sont pas nécessairement corrélés à notre poids, mais à nos habitudes ainsi qu’à notre organisme.

Les grands habitués

Ce conseil est à tempérer si votre profil est celui d’un grand habitué, que vous consommez régulièrement du CBD, qu’il s’agit d’un produit que vous connaissez bien (mode de consommation et taux de concentration en CBD habituels), et que vous n’avez pas ressenti d’effet de somnolence particulier jusqu’à présent.

Dans un tel cas de figure, les risques encourus sont minimes et peut-être pouvez-vous envisager de prendre le volant en cas de nécessité.

Ainsi, seuls les habitués pourraient éventuellement prendre le volant après avoir consommé du CBD, et encore.

Nos organismes sont différents, et nos réactions notamment dépendantes de celui-ci (et d’autres facteurs).

Le CBD et les contrôles routiers

Sur le site du gouvernement drogues info service, on peut lire que le CBD n’est pas recherché dans le sang lors des contrôles routiers.

Le CBD n’est pas interdit par la sécurité routière

Ainsi, la consommation de CBD dans le cadre de la circulation routière n’est pas interdite par la loi ; il ne s’agit a priori pas d’une infraction.

Bien que le cannabidiol ne soit pas recherché dans le sang, il faut noter que d’éventuelles traces de THC peuvent être révélées lors de contrôles routiers.

A titre d’exemple, notons que « s’il s’agit d’un usage intensif et quotidien, le THC et le THC-COOH peuvent être présents dans le sang jusqu’à plus d’un mois postérieurement à la dernière consommation ».

Pour prévenir ces risques éventuels, deux recommandations peuvent être données.

La qualité des produits et le taux de concentration en THC

En France, les plants de cannabis dont sont issus les produits finis tels que l’huile de CBD doivent avoir un taux de THC inférieur à 0,2%.

A ce sujet, la réglementation est bien souvent détournée, et certains vendeurs proposent des produits à base de CBD dont le taux en THC est contraire à la législation française, voire au droit européen.

Aussi, il convient de rappeler que les fleurs de CBD sont interdites en France, et qu’elles sont pourtant proposées à la vente sur le sol français, et que leur taux de concentration en CBD atteint parfois des sommets, ce qui doit vous alerter concernant le taux de THC, biologiquement corrélé.

Il est donc important de s’approvisionner auprès des commerçants de confiance et soucieux du respect de la réglementation en vigueur.

Le seul moyen de vérifier l’exemption de THC (ou le respect de leur taux de concentration minime) de vos produits est de consulter les résultats des analyses réalisées par les laboratoires agréés.

La fréquence de consommation

Au-delà de la qualité, il est important de noter que le CBD doit être consommé avec modération, à l’instar de n’importe quel produit naturel du même acabit.

Bien qu’il soit presqu’impossible de faire une overdose de CBD, il semblerait que les effets secondaires liés à la somnolence, ainsi que la probabilité d’être « testé positif » au THC lors d’un contrôle routier, soient encouragés par la fréquence de consommation ainsi que la quantité ingurgitée.

Conclusion

Les objectifs du CBD sont multiples, et dépendent de votre profil ; les risques encourus sur la route sont fonction de la sensibilité de votre organisme (effets de somnolence potentiels ou non) et de la qualité de votre produit, de sa concentration ou de son exemption en THC.

Aussi, plus vous consommez de CBD (en quantité et/ou sur la durée) plus vous encourez des risques éventuels d’endormissement et de résultats positifs lors d’un contrôle routier.

Le CBD est d’abord relaxant, et aurait de nombreux bienfaits pour ce qui concerne différentes pathologies. Il est cependant recommandé de l’utiliser en fin de journée, et d’éviter de conduire après en avoir consommé, quel que soit votre profil.