Le CBD et le THC sont tous deux des cannabinoïdes, et plus généralement des molécules extraites du plant de cannabis.

Différence entre la loi française et la pratique

législation CBDEn France et légalement, les produits à base de CBD ne peuvent pas être commercialisés s’ils sont issus de plantes dont le taux en THC est supérieur à 0,2%. Comme souvent, il existe une différence de taille entre la théorie et la pratique.

Ce que dit la loi à propos de la commercialisation du CBD

Le CBD n’est ni addictif, ni toxique (lorsqu’il n’est pas inhalé) : il est légal en tant que tel mais ne doit pas contenir de THC, notamment pour ce qui concerne le e-liquide des cigarettes électroniques. Les fleurs de cannabis ou de chanvre sont interdites à la vente même avec un taux de THC qui serait de 0%.

Pour ce qui concerne les producteurs, ces derniers ont l’autorisation d’exploiter le chanvre sous certaines conditions. Par ailleurs, ils ont l’obligation de se restreindre aux fibres et aux graines, en plus de veiller à ce que le taux de THC soit inférieur à 0,2%.

Enfin, et point essentiel qui n’est pas près de changer : les vendeurs ont l’interdiction de prêter des vertus thérapeutiques au CBD, sous peine de sanction pénale.

Ce qu’il se passe en pratique

Bien que la législation soit en train d’évoluer en raison de la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne dans l’arrêt « Kanavape » rendu en novembre 2020, la France continue de prohiber l’utilisation des produits à bases de CBD dont le taux en THC de la plante ayant servi à son extraction est supérieur à 0,2%, ainsi les fleurs de CBD.

Pourtant, de très nombreux sites internet proposent des fleurs de cannabis ou de chanvre interdites à la vente et ce, en dépit d’un taux de THC de 0% ou 0,2% fièrement indiqué. Leur commercialisation est proscrite : en pratique, la France « n’autorise que les produits avec isolat de CBD » à savoir 0% de THC !

Cette mesure pourrait bientôt être considérée comme disproportionnée à un objectif de protection de la santé publique et la législation française devra se conformer au droit européen en la matière.

Dans tous les cas, il semblerait que les revendeurs aient anticipé la réglementation et aillent très souvent au-delà du cadre légal actuellement en vigueur.

La vérité sur le taux de THC

taux de thc cbdEn pratique, la plupart des vendeurs indiquent que le produit à base de CBD contient un taux de THC inférieur à 0,2%.

Le taux de THC toléré est celui du produit et non de la plante

Cependant, il existe une confusion de taille, car la réglementation concerne la concentration contenue dans la plante dont est extrait le CBD et non le produit fini.

La réponse est donc « oui, » les produits à base de CBD (cannabidiol) en France contiennent du THC (tétrahydrocannabinol), mais celui-ci est présent en faible quantité.

D’un point de vue légal, cela est sujet à controverse, car à quelle serait la crédibilité de la législation française si elle venait à être violée par presque tous en pratique ?

Pour ce qui concerne l’aspect sanitaire en revanche, cela ne devrait pas poser de problème. Des pays comme l’Autriche ou le Luxembourg autorisent par exemple les produits à base de CBD avec une teneur en THC plafonnée à 0,3% ; en Suisse, ce taux maximal est établi à 1%.

Cela ne poserait pas de problème pour ce qui concerne le consommateur, mais celui-ci peut éprouver de la confusion lorsqu’il achète le produit, puisqu’il existe une certaine hypocrisie émanant des juridictions françaises d’une part, et des vendeurs d’autre part.

Les taux de THC souvent amoindris

Peu de consommateurs le savent, mais il existe une corrélation entre le taux de CBD et celui en THC.

Les taux de CBD d’une fleur de cannabis respectant un taux de THC inférieur à 0,2% est généralement compris entre 3 et 8%. Le taux atteint rarement ce maximal et uniquement dans le cas d’une culture « génétique » et « indoor ».

Certains vendeurs de CBD vantent pourtant les mérites de leurs produits, dont la concentration en CBD atteint des sommets (jusqu’à 24% !) tout en revendiquant l’absolue légalité de ces derniers.

Il s’agit d’un non-sens biologique attesté par de nombreux articles scientifiques.

Mais alors, comment font-ils pour prouver la légalité de leurs produits ?

Tout d’abord, il serait possible de falsifier les résultats en supprimant le QR code (vérifiez donc, la prochaine fois que vous consultez les résultats du laboratoire d’analyse publiés en ligne). Ensuite, certains produits seraient vaporisés en CBD afin d’augmenter leur taux de concentration et induire le consommateur en erreur dans l’achat qu’il pense réaliser.

Le dépistage : entre THC et CBD

Il est possible de détecter la molécule de THC dans un test salivaire (quelques heures à une semaine après sa consommation), un test sanguin (3 à 7 jours), urinaire (jusqu’à deux mois) et capillaire (jusqu’à trois mois).

Les produits à base de CBD qui respectent la législation, et donc la teneur en THC est de 0% ne sont naturellement pas détectables dans un test urinaire ou un test sanguin (demandés lors d’un contrôle routier).

Par ailleurs, « plusieurs chercheurs estiment que les quantités infimes de THC consommées sur le long terme peuvent s’accumuler et devenir détectables ».

Vigilance également, à la qualité de ce que vous achetez puisqu’en 2017, une étude révélait qu’aux Etats-Unis, 70% des produits proposés contenaient des taux inexacts. Si cela est le cas outre-Atlantique, il en va sûrement de même pour la France !

De plus, certains résultats pourraient être « faussement positifs » en raison de l’effet d’entourage (c’est-à-dire une meilleure efficacité des molécules grâce à leur interaction) engendré par les produits à base d’un CBD combiné à d’autres cannabinoïdes (par exemple, les terpènes).