Une overdose (ou surdose) consiste en l’ingestion d’une « dose excessive d’un stupéfiant ou d’un médicament psychotrope, susceptible d’entraîner la mort ».

L’arrêt Kanavape rendu par la Cour de Justice de l’Union européenne considère « qu’en l’état des connaissances scientifiques et sur la base des conventions internationales en vigueur, l’huile de CBD ne constitue pas un produit stupéfiant ».

La Convention unique des Nations Unies de 1961 sur les stupéfiants n’intègre d’ailleurs pas le CBD (cannabidiol) dans sa longue liste de produits. Ainsi, l’interprétation des Etats membres est double.

Certains pays estiment « que les préparations à base de CBD ne sont pas des stupéfiants car elles n’ont pas d’effet psychoactif et ne sont pas susceptibles d’abus ».

D’autres Etats privilégient quant à eux « une interprétation littérale, affirment que ces préparations doivent être considérées comme des stupéfiants dès lors qu’elles sont obtenues à partir de cannabis, la convention Unique classant tous les dérivés du cannabis sans distinguer selon le taux de THC ».

Cette dernière position est celle de la France.

Les (vraies) causes des overdoses en France

Selon l’OFDT, « 1200 personnes décèdent » des suites d’une overdose chaque année en France.

Les causes d’une overdose

surdosage drogueLes opiacés ou opioïdes causent 41 % des décès – morphine, héroïne, codéine, méthadone et buprénorphine. Il s’agit d’une « famille de produits obtenus à partir de l’opium, produit sédatif d’origine naturelle provenant de cultures de pavot ».

La cocaïne est un « alcaloïde tropanique extrait de la feuille de coca ». C’est un « puissant stimulant du système nerveux central, et sa consommation est addictive ». Ce psychotrope est mis en cause dans 13% des décès par suite d’une overdose.

Les amphétamines représentent 8 % des cas : speed, cristal, crank, dopants… ce sont des stimulants qui accélèrent l’activité du système nerveux central. Ils « agissent comme l’adrénaline, une hormone stimulante naturellement produite par l’organisme ».

Les overdoses sont causées par les Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), à savoir « un éventail très hétérogène de substances qui imitent les effets de différents produits illicites, » dans 4 % des cas ; en France, les principaux NPS « sont des cannabinoïdes de synthèse, proches du THC, le principe actif du cannabis, des phénéthylamines, se rapprochant soit de la MDMA soit du LSD ».

Les NPS tels que les cannabinoïdes de synthèse contiennent-ils du cannabidiol ?

Le cannabis de synthèse

Dans le cadre de la recherche médicale et en vue d’atténuer les douleurs, les cannabinoïdes synthétiques ont fait leur apparition. Ils sont aujourd’hui au nombre de 130 à travers le monde ; 34 en France.

Qu’est-ce-que le cannabis synthétique ?

A la différence du cannabis « qui est issu d’une plante, » le cannabis de synthèse « est une substance chimique » qui ne contient pas de THC. Il est composé de molécules « qui imitent les effets du cannabis ». De tels produits sont donc exempts de cannabis « mais produisent des effets similaires lorsqu’ils sont fumés ».

Leur interaction avec les récepteurs endocannabinoïdes est cependant analogue au THC.

L’effet du cannabis naturel est différent du cannabis synthétique en ce que ce dernier est beaucoup plus puissant, de deux fois à deux-cent fois supérieur.

Une différence de taille concerne également le risque de surdosage : « aucun décès n’a été rapporté après un usage de cannabis » naturel. Ce risque d’overdose est en revanche élevé avec le cannabis de synthèse ! De plus, celui-ci est « plus puissant, plus dangereux et plus addictif que le cannabis naturel ».

Le cannabis de synthèse contient-t-il du CBD ? La réponse est non.

Si le cannabidiol est présent dans le cannabis naturel, on peut lire sur le site du gouvernement français que le « cannabis de synthèse ne contient pas non plus de cannabidiol (CBD), un cannabinoïde naturellement présent dans le cannabis et qui en atténue les effets secondaires (notamment psychiques) ».

Vigilance donc, si on vous propose du cannabis de synthèse contenant du CBD ; au-delà de la fausseté d’une telle information, cela peut représenter un risque pour votre santé.

Les conséquences du surdosage de CBD

réguler sa consommation de CBDL’OMS a reconnu le cannabidiol comme sans danger pour la santé et n’étant pas un stupéfiant.

Cependant, il est possible de surdoser la consommation de CBD. Un tel surdosage se traduirait par des « raideurs ou des engourdissements musculaires et une somnolence légère à modérée ». Seul un sommeil reposant permettrait d’atténuer ces effets.

Comment éviter de se retrouver dans une telle situation ?

Modérer sa consommation

Selon un rapport publié sur le site de la US National Library of Medicine, un risque de surdosage pourrait cependant survenir avec une ingestion supérieure à 1.500 mg de CBD chaque jour, un « taux très élevé qui correspond à une forte consommation ».

Une autre étude publiée en 2019 sur le site du Multidisciplinary Digital Publishing Institute indique que des doses de CBD administrées à des souris ont abîmé l’état de leur foie. Ces doses étaient cependant élevées : 615 mg de CBD… alors que « la dose conseillée pour l’homme est de 20 mg/kg/jour » (par exemple, 1200 mg pour un individu de 60 kg).

On ignore cependant l’effet qu’un tel dosage aurait sur l’homme.

Éviter certains modes de consommation

Il existe un risque de surdosage en cas d’inhalation ; les effets du CBD fumé (les fleurs de cannabidiol) présentant des risques élevés à long terme évidents pour la santé. Il en irait de même pour le CBD contenu dans le e-liquide des cigarettes électroniques : l’OMS ne se prononce pas en faveur d’un tel mode de consommation en raison des nombreux indices indiquant un risque évident pour la santé.

Il en va de même concernant les interactions médicamenteuses : le CBD ne peut se substituer aux médicaments et risquerait d’en altérer leur effet. Prudence donc, et abstinence, si vous suivez un traitement médical !

De plus, en 2019, l’Agence National de Sécurité du Médicament a averti la population quant aux effets potentiellement nocifs du CBD, qui aurait un effet « psychoactif et toxique » dès lors qu’il est consommé « en complément d’un traitement antiépileptique ».

Choisir le bon dosage

L’usage du CBD s’accompagne d’une certaine prudence : il s’agit de commencer par une faible dose, surtout lors de votre première fois. Vous pouvez d’ailleurs faire un test vous permettant de connaître le dosage idéal, en fonction de votre corpulence, de l’effet recherché, et de vos habitudes de consommation.

Vous pourrez toujours augmenter la quantité, après que votre organisme y soit habitué.

Aussi, la fumée augmente inexorablement le risque de surdosage (biodisponibilité élevée). Évitez donc au maximum de l’inhaler et préférez l’huile de CBD. Si vous aimez vraiment fumer, alors prenez des légères bouffées ; cela permettra à votre corps de mieux s’habituer.

Conclusion

Le cannabidiol ne présentent à priori aucun risque de surdosage, et c’est probablement la raison pour laquelle l’OMS a précisé que « le cannabidiol (CBD) – un composé non toxique avec 2% ou moins de tétrahydrocannabinol (THC, la substance qui crée une dépendance) ne devrait pas être soumis à des contrôles internationaux ».

Dans de telles circonstances, on comprend donc que le CBD n’est pas un stupéfiant, qu’aucune overdose n’est répertoriée en conséquence de sa consommation – ni corrélativement à celle du cannabis naturel comprenant du THC, – et que les produits à base de cette molécule (contenant une faible concentration de tétrahydrocannabinol) n’auraient pas à faire l’objet de contrôles internationaux.